Eglises et chapelles

Bretagne centre abrite un chapelet d’édifices religieux dont certains sont de véritables joyaux parfois dissimulés et isolés en pleine nature. Les sanctuaires les plus anciens remontent au XIVème siècle et d’autres sont ornés de fresques et de plafonds peints remarquables. Par ailleurs, l’emblématique sanctuaire de Querrien est le seul lieu d’apparition de la Vierge Marie authentifié en Bretagne.

Sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide de Querrien – La Prénessaye

La fontaine de Querrien, seul lieu d’apparition de la Vierge Marie authentifié en Bretagne par l’église catholique. La Vierge est apparue le 15 août 1652 aux yeux de Jeanne Courtel âgée de 11 ans, sourde et muette et la guérît. A proximité, la chapelle de Notre-Dame de Toute Aide, construite entre 1652 et 1656, abrite la tombe de Jeanne Courtel décédée en 1703. Aujourd’hui, haut lieu de pèlerinage, les pardons de Querrien sont de loin le plus importants du centre Bretagne et sont qualifiés de "Petit Lourdes Breton".

Enclos paroissial du Quillio – Le Quillio

Le sanctuaire a été bâti entre les 15ème et 18ème siècles à la grande période de la manufacture des "Toiles Bretagnes". L’ensemble du sanctuaire est composé de l’église avec son porche Sud richement décoré. L’intérieur est riche de statues dont une Vierge en pierre du 14ème siècle, des sablières avec personnages bibliques. Le maître-autel surmonté d’un ciborium, les boiseries du chœur, le lutrin, trois confessionnaux, … proviennent de l’ancienne abbaye de Bon-Repos. A l’extérieur, un calvaire du 16ème siècle est en forme de "lampe de procession" présente à son sommet un groupe de statues géminées. Le mur de clôture est fermé par un portail en fer forgé réalisé en 1773 par J. NOURY, maître maréchal à  Grâce-Uzel. Enfin, le cimetière ceinturant l’église, compte parmi ses illustres personnages ensevelis les noms de Legris-Duval, du Couédic du Cosquer, Gardin de Boisdulier... marchands des toiles de lin des "Bretagnes" et riches donateurs pour la construction de l’édifice religieux.

Chapelle Saint-Jacques - Merléac

Étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la chapelle Saint-Jacques est un des sanctuaires les plus réputés de Bretagne, tant son ancienneté et l’importance archéologique des peintures du lambris et des murs comme l’exception de ses vitraux constituent des repères essentiels de l’architecture religieuse bretonne.

Datant du début du 14ème siècle (peu avant 1317), la chapelle, de plan rectangulaire présente une nef divisée en trois vaisseaux. Les murs surmontant les grandes-arcades sont ornés de peintures consacrées à des scènes du cycle de la Passion du Christ. Les intrados des arcs sont ornés à neuf reprises des armoiries des Rohan : de gueules à sept macles d'or, ce qui conforte l’appartenance médiévale de la paroisse au duché de Rohan et au diocèse de Quimper. Les peintures des lambris de couvrement des trois vaisseaux ont été décrites en 1865 : elles illustraient des scènes de la Genèse, de la vie de la Vierge, de l’enfance du Christ et une rare iconographie de la vie de Saint Jacques, le tout complété d’anges musiciens.

La chapelle est aussi justement célèbre par l’exceptionnelle verrière de la maîtresse-vitre datée de 1402 et signée de G. Béart, Peintre verrier rennais. Elle est le seul exemple en Bretagne de composition mixte à vaste grisaille et registres iconographiques ici consacrés à Saint-Jacques, à la Passion du Christ et l’évocation de la légende du "pendu dépendu".

Église Saint-Gal - Langast

L’église de Langast a été longtemps considérée comme datant du début du 16ème siècle, et même précisément datée de 1508 par sa maîtresse-vitre. Or au cours des travaux de restauration menés en 1982 à 1995 par la conservation des monuments historiques, le piquetage des enduits a révélé la présence de disposition structurelles et de peintures inédites, bien antérieur à la date supposé de l’édifice ! Son origine et son histoire sont obscures en raison de l’absence de sources littéraires ou d’archives. Même l’identité de son saint éponyme demeure incertaine : s’agit-il de Gall, disciple de Saint Colomban et fondateur de la célèbre abbaye suisse, ou d’un obscur ermite local ? Un indice trahit l’origine ancienne de cette église : c’est son appartenance au diocèse de Dol-de-Bretagne, dont Langast est une enclave dans le diocèse de Saint-Brieuc. Or des études historiques ont démontrées que les enclaves Doloises étaient de fondation ancienne (du milieu du 6ème siècle à la fin du 11ème siècle).

L’église comprend trois séries de fresques d’époques différentes : romane, renaissance et des 17ème et 18ème siècles. Les plus anciennes sont peintes dans l’intrados des grandes arcades.

Chapelle Sainte-Suzanne - Guerlédan

Chapelle sixtine du centre Bretagne, elle a été construite au 16ème siècle sur les vestiges d’un petit château appartenant à la famille de Rohan. Elle est remarquable par les motifs de ses lambris et ses peintures du 18ème siècle. Le clocher, fut édifié entre 1757 et 1764, grâce à la générosité des paroissiens. Élégant sans conteste, la double arcade de son porche, ses deux galeries à balustres moulurés, sa flèche svelte ajourée et dentelée à souhait, les pinacles, les nombreuses lucarnes et les gargouilles se marient admirablement avec l’édifice. Une grille en fer forgé dans l’un des battants du grand portail permettait aux lépreux de suivre la messe, sans rentrer dans l’édifice. L’intérieur abrite des retables du 17ème et 18ème siècles, un bas-relief qui vient de l’ancien jubé de l’église ainsi qu’un navire avec ses rames, qui a été offert par la famille Launay-Mûr, Seigneurs du Guer, et qui le tenait d’un homme venant d’Orient. A l’extérieur, les chênes, plantés vers 1700, ont été immortalisés par le peintre Jean-Baptiste Corot.

La tour Saint-Eutrope – Langourla / Le Mené

Cette tour est en réalité le clocher et le parvis de l'ancienne église du 16ème siècle. De forme octogonale avec quatre ouvertures sur arcs en ogives, elle porte sur ses piliers les écussons des seigneurs de Langourla. Jadis, elle abritait la statue de Saint-Eutrope. Ce saint fut évêque au 3ème siècle et avait le pouvoir de guérir de tous les maux. Les pèlerins avaient coutume d'emporter une poignée de terre arrachée à proximité de la tour. Cette terre, appliquée sur le malade, puis rapportée religieusement au pied de l'édifice à la bienveillance du Saint, apaisait toutes ses douleurs !

Église de Saint-Caradec

Construit à une époque de prospérité, entre 1660 et 1664, l’édifice fut complété en 1700 par un clocher décoré des armoiries de Le Sénéchal de Carcado. Un autre blason, qui comporte notamment une vouivre, indique qu’il s’agit d’une famille d’ascendance italienne. En 1720, fut édifiée la sacristie au-dessous de laquelle fut construite une crypte où 1757, on plaça une représentation de la mise au tombeau du Christ. Les personnages en bois polychrome sont représentés grandeur nature.

Église Saint-André - La Chèze

L’édifice est un lieu de pèlerinage en mémoire du créateur de l’ordre des montfortains. Louis Grignon de Montfort séjournait à La Chèze au Manoir de la Grange. Un premier sanctuaire, la chapelle de la Croix, est bâti dès le 11ème siècle.  En 1418, saint Vincent Ferrier, appelé par Alain VIII, vicomte de Rohan, pour organiser une mission, en découvre les ruines. Il annonce qu’un missionnaire la relèvera. Plus tard, effectivement un missionnaire nommé Louis Grignon de Montfort vint en 1707 et ordonne la reconstruction de la chapelle primitive et y établit une confrérie de la Croix qui restera célèbre jusqu’à la Révolution. Les grandes arcades du carré du transept datent du 15ème siècle. Au sol la pierre octogonale du 11ème siècle, en schiste, fait partie du dallage d’origine de la première chapelle. Située en haut de la nef, elle aurait des propriétés magnétiques. Le bénitier du 15ème siècle, tout en granit et taillé en un seul bloc. La cuve octogonale porte les armes des familles de Clisson, de Rohan, et de Navarre.

Église Saint-Pierre du Vieux-Bourg – Plouguenast

L’église Saint-Pierre au Vieux-Bourg est l’ancienne église paroissiale de Plouguenast. Elle conserve des ogives primitives du 12ème siècle ; d’autres parties sont du 15ème siècle, l’ensemble a été restauré aux 17ème, 19ème et fin 20ème siècles. Les restes de vitraux du 16ème siècle sont classés. Elle possède un maître-autel, un retable et des statues en bois polychrome, tel l’archange Saint-Michel...

Autrefois, ce village était le bourg de la commune de Plouguenast. Il fut décidé au 19ème siècle de le déplacer sur l’axe routier et d’y construire une nouvelle église en 1834. Ceci valut la révolte des habitants du Vieux-Bourg qui chaque nuit, prenant le relais des fées d’autrefois, allaient détruire le travail des maçons… La construction de la nouvelle église prit ainsi neuf longues années.

Église Saint-Lunaire - Loscouët sur Meu

Cet édifice dénote dans le paysage par son clocher d’inspiration mauresque unique en Bretagne. L'édifice précédent consacré en 1577 devait d'abord être restauré. Mais la guerre 1914-1918 empêcha les travaux. En 1919 la construction d'une nouvelle église fut décidée, l'abbé Le Breton étant recteur. L'architecte Arthur Régnault dessina les plans d'un sanctuaire roman, la silhouette byzantine avec un clocher de pierres blanches rappelant les minarets arabes. L'église fut bénite le 19 avril 1921. Les pierres de granite, conservées de l'ancien édifice, forment avec le schiste violet du Point-Clos (Gaël) et le tuffeau angevin un ensemble harmonieux et original.

Chapelle Saint-Lubin - Plémet

La chapelle Saint-Lubin, 16ème siècle, révèle une architecture romane puis gothique. Elle possède de beaux vitraux avec notamment "l’Ankou" (personnification spectrale de la communauté des morts) ainsi qu’une corniche sculptée d’animaux symboliques et de plantes datant du 16ème siècle. L’ensemble se présente comme deux chapelles juxtaposées latéralement. La légende raconte que pour la construction, Margô, déesse gardienne des rochers, avait donné son accord. Chaque nuit, elle faisait parvenir les pierres nécessaires par un souterrain. La curiosité de deux maçons qui voulurent voir la résidence de Margô, leur fut fatale : on les retrouva à Hélouvry, la tête fracassée. En représailles, la fée détruisait la nuit ce que les maçons avaient construit le jour.

Toute proche, la fontaine dite "de dévotion" est alimentée par une source qui vient du sous-sol de la chapelle. Jadis, l’eau s’écoulait d’abord dans une maie en pierre qui se trouvait sous le grand portail et dans laquelle les chevaux pouvaient boire. Saint-Lubin est invoqué pour obtenir la guérison des douleurs rhumatismales. Autrefois, un squelette artificiel était à la disposition des pèlerins. En prenant l’os du membre souffrant et en le plongeant dans l’eau de la fontaine tout en faisant des prières, les maux disparaissaient naturellement.

Église Saint-Samson - Illifaut

L’église Saint-Samson possède un vitrail atypique sur la verrière Sud. Y sont représentés, Paul de Saisy en uniforme de zouave pontifical, incarne l'engagement de la famille pour la cause de l'église. A sa droite, son épouse, Elisabeth du Plessix de Grénédan arbore grâce et beauté. A droite de la verrière, la Présidente des religieuses de la paroisse, Nane Pellerin symbolise la dévotion au service de l'église. Et plus surprenant, M. François Sotinel (1852 - 1919), Maire de Illifaut, ceint de son écharpe tricolore, représente le pouvoir de l'Etat. Toutefois, vu la bannière qu'il tient dans les mains, ce pouvoir est ici mis symboliquement sous l'influence religieuse.

Église Saint-Nicolas - Loudéac

Construit entre 1733 et 1746, l’édifice est marqué par l’esprit de "l’église triomphante" avec une tour de trois étages coiffé d’un dôme au lieu d’un clocher. Le décor intérieur, très riche, est de style baroque aux influences italiennes très prononcées. Joyau de du sanctuaire, le chœur exhibe un autel en marbre et en bois doré, surmonté d’un baldaquin, orné d’une gloire rayonnante est surmontée d’un dais rond et d’une croix. Au centre de la gloire, le triangle symbolisant la Trinité (Le Père, le Fils, le Saint Esprit), et dans ce triangle, une inscription Yahveh, soit Dieu en hébreu. C’est une gloire à la gloire de Dieu. L’orgue réalisé par le facteur d’orgue Cavaillé Coll (1811 – 1899), date de 1854.

Chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle - Uzel

Le sanctuaire remonte au 16ème siècle et à la particularité de protéger la Vierge au pommier. La statue de la Sainte est en effet incrustée dans une niche protectrice lovée dans un tronc de pommier où elle est, d’après la légende, viscéralement attachée. La chapelle expose aussi un ex-voto particulier. En effet, un thonier taillé dans un bloc monoxyle, a été donné à la chapelle de Bonne Nouvelle par des réfugiés originaires de l'Ile de Groix, en 1945.