Sites mégalithiques & légendaires

Dans des temps lointains, les terres armoricaines étaient recouvertes de landes et de forêts dans lesquelles l’homme a mystérieusement levé des pierres et où planent encore aujourd’hui mythes, croyances et légendes…

Site néolithique de Quelfénec - Plussulien

Culminant à près de 310 mètres, le site de Quelfénec est une fenêtre ouverte sur les paysages singuliers du Centre Bretagne où, il y a 6000 ans, les hommes du néolithique exploitaient et polissaient la roche de cet éperon rocheux pour produire des haches d’une qualité inégalée.

Découvert en 1964 et fouillé jusqu'en 1976, le site de Quelfenec a été exploité de 4200 à 2000 avant JC.  Selon les chercheurs deux à trois millions de haches auraient quitté le site Quelfénec, une véritable "industrie" pour l’époque !

Deux raisons expliquent cette singularité.  Premièrement, le passage du stade de "chasseur-cueilleur" à celui "d'agriculteur-éleveur", entraine la  sédentarisation de l'homme avec la domestication des animaux, la culture des plantes, la fabrication de céramique, de textiles,…  et conditionne le besoin de nouveaux outils comme les haches. Deuxièmement, Quelfénec avec ses arrêtes rocheuses de dolérite, roche éruptive peu courante, dense, dure et massive aux qualités mécaniques exceptionnelles, est en effet idéale pour la fabrication de haches polies et d’herminettes résistantes.

02 96 24 01 14 - Maison de l'archéologie

Cromlec’h - Le Quillio

Ce tertre tumulaire aussi dénommé localement cromlec'h est un alignement de petits monolithes formant une enceinte circulaire sacrée et date du néolithique, un des plus anciens de Bretagne. Dominant les vallées de l’Oust, de Poulancre et du Blavet, il se situe sur la butte panoramique de Lorette qui s'élève à 298 mètres. Les 28 pierres dressées en rectangle sont les restes d'une allée couverte, vestige d'un site funéraire, et, curieusement, les pierres de quartz blanc indiquent le Nord et celles de schiste, le Sud.

Allée couverte de Coët Correc – Guerlédan

Entre Mûr-de-Bretagne et Caurel, située sur les hauteurs de la Lande Blanche, culminant à 309 mètres, se trouve l’allée couverte de Coët Correc. Elle est surplombée d’une étonnante arche d’ardoises bâtie à la fin du 19ème siècle par un paysan qui a voulu christianiser ce monument païen ! Un hublot sépare la chambre du vestibule. Elle était à l’origine surmontée d’une croix, aujourd’hui disparue. Cette sépulture mégalithique est classée aux monuments historiques depuis 1956.

Allée couverte et menhir de Roc’h Ar Lein - Saint-Mayeux

Si le mot roc’h (le rocher) ne pose pas de problèmes de compréhension, il n’en est pas de même pour la suite de la dénomination. En effet, la prononciation locale du breton a rendu ardue la mise à l’écrit du lieu-dit. Deux hypothèses se détachent cependant : Roc’h-ar-Lein (le rocher du sommet) ou Roc’h-ar-Lin (le rocher de Merlin / la sorcière). Cette dernière est celle qui fut retenue par les cercles scientifiques car elle correspond aux traditions orales locales. La légende veut qu’une sorcière sorte de la terre (par la caverne naturelle appelée chambre de Marie Martyre) pour mettre son trésor au soleil. Elle se repose sur son fauteuil : la chaire naturelle en escalier.

L’activité des hommes préhistoriques sur ce secteur était importante et a laissé beaucoup de traces nourrissant les croyances locales. Au milieu de ce folklore se trouve le menhir de Roc’h-ar-Lin, haut de  4,35 m et faisant parti d’un ensemble de mégalithes plus important.

Adossée à un talus, cet ancien site funéraire de Roch ar Lein ou de Rohanno avait à la fin du 19ème siècle, 11 orthostates qui supportaient 5 dalles. Aujourd'hui, seuls quelques blocs de pierre sont restés en place depuis plus de 4 - 5000 ans. L’allée couverte fait 5 mètres de long et 2,5 mètres de large.

Menhir du Perfaux - Saint-Vran

Jadis, les campagnes étaient habitées de fées. La nuit, aux dires des paysans, elles jouaient avec les rochers. Les menhirs sont aujourd'hui les traces de leurs amusements... Avec ses 9,30 mètres de circonférence, et ses 6,60 mètres de hauteur, le menhir du Perfaux s'impose fièrement dans le paysage.

Allée couverte de l’épine - Le Gouray / Le Mené

Vestige de l'ère néolithique, l'allée couverte de l'épine est également dénommée par les légendes populaires "La roche aux fées" ou "La table Margot". Scrupuleusement orientées dans un axe "Nord-Ouest / Sud-Est", quatre tables posées en partie sur douze piliers de granite s'allongent sur 10,3 mètres. Quelques dalles ont été vraisemblablement pillées par le passé. Ainsi, cette allée couverte était, à l'origine, bien plus longue.

Menhir de la Pellionaye - Gomené

Héritage de l'ère néolithique, ce menhir (hommes: pierre - hir: Longue) mesure presque 6 mètres de hauteur. Diverses fouilles ont été réalisées au pied de ce colosse de granit. Seules quelques pierres brûlées ont été mises à jour.

Menhir de la Coudre – Langourla / Le Mené

Scellé par nos lointains ancêtres, le menhir de la Coudre est à demi-renversé. La raison est fort simple. A la fin du 19ème siècle, des hommes creusèrent jusqu'à deux mètres de profondeur dans l'espoir de découvrir un trésor. Ces travaux de sape feront pencher l'énorme masse de granite mais ne laisseront point apparaître de trésor !

Le Tertre Feuillet - Gomené

Ces trois mystérieuses croix portent chacune des inscriptions : "Le Père" (croix centrale datant du Moyen Age) et, "Le Fils" et "Le Saint Esprit" (croix latérales). Elles bercent légendes et superstitions et saluent à chaque nuit depuis la guerre de 1870, le Revenant du Tertre Feuillet. Ce personnage est habillé d'une longue cape et d'un chapeau noir pour mieux le dissimuler. Il y a plusieurs décennies, par une nuit de pleine lune, un braconnier de Gomené osa l'affronter. Nombre de secrets et mystères planent encore sur cette rencontre fratricide. En effet, aujourd'hui, qui hante ces landes du Mené ? Le revenant du Tertre Feuillet ou le braconnier ?

Croquelien – Le Gouray / Le Mené

La formation du Mont Croquelien remonte à l'ère primaire (-600 et -200 millions d'années). Le massif granitique a connu d'importantes désagrégations chimiques et mécaniques au fil des millénaires. En effet, le socle rocheux, parcouru de fissures, s'est peu à peu disloqué sous l'emprise des infiltrations des eaux et des racines, de l'oxydation de la pierre, des variations de température. Puis, avec patience et ténacité, l'érosion a sculpté les parties tendres de la roche jusqu'à donner ce chaos pittoresque d'aujourd'hui.

Aujourd'hui, aux dires des légendes populaires, cet amas de rochers est le domaine des fées Margot. Discrètes et parfois espiègles, elles n'aiment guère, paraît-il, la curiosité abusive des humains ! Sculptés à l'aube des temps, trois rochers protègent la fabuleuse fortune des Margot. Une pleine barrique d'or est enfouie sous le plus imposant bloc de granite. La tentation est grande de s'en emparer, mais gare à la terrible punition des fées ... Tous les pillards seront statufiés en roc et veillera à jamais la barrique maudite !