Didier MARREC, Rôtisserie de Guerlédan

Développement Économique

Didier MARREC, un entrepreneur convaincu

Didier Marec est le dirigeant charismatique et visionnaire de la société « Le Rôtisseur de Guerlédan ». Cette PME est spécialisée dans la fabrication de produits de rôtisserie destinés aux grandes surfaces et d’une gamme de bacon fumé crispy pour la restauration et l’hôtellerie. Les valeurs qu’il incarne et qu’il défend sont au cœur de la culture de son entreprise.

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Issu d’une famille d’agriculteur finistérienne, j’ai aujourd’hui 54 ans. J’ai fait des études dans le domaine commercial. Mon premier job : à New York chez un boulanger français. Au départ, j’envisageais d’y rester 15 jours... j’y ai passé 8 mois à enchaîner différents postes dans cette boulangerie ! Je ne peux qu’encourager les jeunes à faire leurs premières expériences après leurs études à l’étranger. À mon retour en France, j’ai intégré l’entreprise Rolland (laiterie) à Plouédern en tant que commercial pendant 3 ans. Puis, le Groupe Bourgoin m’a recruté dans le cadre du lancement de la marque Douce France ; ce fut aussi ma première expérience de management d’une équipe de commerciaux. L’expérience suivante, j’intègre la société Procanar implantée près de Vannes au poste de compte clé national, puis 1 an après, au poste de directeur commercial. Tout était nouveau pour moi, et j’ai eu la chance de me faire accompagner à cette prise de poste par un coach. Cette nouvelle expérience a été une magnifique aventure pendant plus de 7 ans avec un beau projet et une Direction Générale très à l’écoute de ses équipes. Suite au rachat de l’entreprise par la concurrence en 2006, j’ai quitté cette société. J’avais toujours à l’esprit le rêve de créer mon entreprise. Je me suis alors tourné vers la franchise.


Au même moment, en mars 2007, naissait mon 4e enfant, une petite fille porteuse de trisomie 21, handicap décelé à la naissance. Avec ma femme, nous avons décidé de différer mon projet d’entreprise et j’ai réintégré un poste de compte clé commercial sur la division surgelé au sein du groupe Unicopa à Languidic. La découverte du monde du handicap est une épreuve mais cela vous apprend aussi beaucoup sur vous et vous fait réfléchir sur vos valeurs personnelles. J’ai ensuite intégré un cabinet spécialisé dans le management et l’accompagnement des dirigeants et équipes de cadres en tant que consultant, puis directeur associé. Là aussi, ce fut une expérience très riche car cela m’a permis de découvrir plein de secteurs d’activités qui m’étaient inconnus. J’étais toujours à l’affût d’une opportunité de reprise et ce fut le cas avec la société Saloir du Daoulas à Mûr-de-Bretagne.


La reprise s’est faite dans la douleur car l’entreprise passait un moment difficile. Avec 2 anciens cadres à la retraite que je connaissais très bien et à qui j’ai proposé d’intégrer le capital, nous avons relevé les manches pour faire repartir cette « belle endormie ». Mais les débuts se sont rapidement avérés extrêmement difficiles à cause des évolutions du marché et des dettes de l’entreprise. Cinq mois après le rachat, mes associés me conseillaient de tout arrêter... Seule ma femme et une autre personne me soutenait dans la poursuite. Je suis allé voir mes clients, un à un, pour leur expliquer la situation et leur demander de me faire confiance : je ne les oublierai jamais. Leur satisfaction est au cœur de notre stratégie. Il est fondamental d’anticiper et de bien comprendre leurs attentes.

Nos différences font aussi toute notre
richesse.

Pour faire repartir cette entreprise, je me suis concentré sur les achats et notamment les achats de matières premières. La petite équipe du début m’a fait confiance quand je lui ai expliqué la situation et m’a suivi : cette situation de redressement a été d’une richesse absolue avec mes équipes. L’activité se relevant et nos prises de marchés accélérant le développement de notre chiffre d’affaires, j’ai pu recruter des collaborateurs avec de belles compétences et ai fait progresser des salariés à des postes aujourd’hui clé dans le schéma de prises de décisions. Aujourd’hui j’ai une équipe de cadres, ce qui me permet de prendre le recul nécessaire à tout moment de la vie d’une entreprise. Notre effectif est passé de 12 à 30 collaborateurs. La montée en compétences de ces derniers et leur attachement à l’entreprise sont indispensables. Nos différences font aussi toute notre richesse.  La réussite passe avant tout par un travail d’équipe. Et nous avons terminé un gros projet d’agrandissement et de réorganisation du site de production.


Depuis quelques mois, j’ai repris la Charcuterie Bihouée à Plémet : 7 salariés et un savoir-faire exceptionnel. Notre objectif : privilégier les circuits courts. J’ai recruté un charcutier pour perpétuer le savoir-faire. Nous commercialisons nos produits à travers sept marchés avec nos deux camions. La Covid-19 a eu un impact brutal sur les 2 entreprises et il a été nécessaire de prendre des décisions pour faire passer ce mauvais moment. Les 3 partenaires bancaires nous ont accompagné en reportant les échéances des emprunts en cours. Nous avons mis en place l’activité partielle. Ce dispositif exceptionnel nous permet de conserver nos salariés et surtout les compétences de ceux-ci.
Je fais partie du club d’entreprises : l’APM Armor Argoat et avec une vingtaine de chefs d’entreprises, nous nous réunissons tous les mois autour d’experts qui viennent alimenter nos prises de décisions qu’elles soient quotidiennes ou à plus long terme. Sortir de sa société, échanger, confronter ses opinions est essentiel pour mon équilibre. Dans les différents projets liés à mon entreprise, j’ai pu compter sur l’accompagnement du service développement économique de la communauté de communes et la réactivité de leurs services pour répondre à mes différentes problématiques de chef d’entreprise. J’ai pu aussi bénéficier du soutien financier du territoire pour l’agrandissement de nos locaux. La mission des élus est vraiment essentielle pour poursuivre l’attractivité de notre territoire.■