Hugo LUCAS, agriculteur
Hugo LUCAS, agriculteur

Portraits

Hugo LUCAS

De l’Italie à l’Australie, en passant par la Suisse ou la Pologne, les techniques en agriculture diffèrent. Hugo Lucas sillonne ces terres à la découverte d’autres pratiques. Rencontre avec un agriculteur du Mené qui est aussi un influenceur agricole aux 223 000 abonnés.

Publié le

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis installé en exploitation avec mes parents, Guylaine et Lionel Lucas, à Langourla, commune de Le Mené, depuis 1 an et demi. Après avoir suivi un bac pro et un BTS en mécanique, j’ai continué mon cursus par une licence et un master de commerce en équipements agricoles. J’ai travaillé en apprentissage lors de mes études, puis en entreprise avant de venir à l’exploitation, en salarié dans un premier temps. Travailler dans la ferme familiale était idéal pour pouvoir maintenir mon activité d’influenceur/youtubeur en parallèle, me permettant ainsi d’aménager mon temps de travail en fonction.

Pourquoi vous êtes-vous installé sur le territoire ?

Je suis né ici. Et c’est vrai que j’ai eu la chance de pouvoir m’installer avec mes parents. Nous allons travailler une dizaine d’années ensemble avant leur départ en retraite. Je vais pouvoir mettre à profit ce temps pour bénéficier de leurs connaissances, de leurs compétences.

Comment vous est venue l’idée de développer cette activité de youtubeur ?

Mon activité de youtubeur a débuté en 2013 lors de mon apprentissage. Je cherchais comment occuper mon temps libre et je me suis vite pris au jeu des vidéos grâce au drone qui m’a été offert par mes parents et mes frères. Je filmais tout ce qui a trait à l’agricole comme c’était mon univers. Puis je me suis mis à publier mes vidéos sur You Tube. Et petit à petit, cette activité a pris de l’ampleur. J’ai passé mon permis de drone, on m’a sollicité pour des prestations. L’activité s’est ainsi progressivement développée. Au début en Bretagne, puis dans le grand Ouest, dans toute la France, et maintenant en Europe mais aussi, plus rarement, sur les autres continents. Ce sont 15 pays à ce jour où j’ai pu me rendre pour aller à la rencontre de diverses agricultures, et visiter des exploitations, aussi bien des grosses fermes que des fermes familiales ou biologiques. Les trois sont toutes aussi enrichissantes et tous les systèmes fonctionnent. La nécessité de sortir de l’Hexagone s’est vite imposée afin de permettre à ma communauté, demandeuse, de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux paysages, de nouvelles façons de travailler la terre, de nouvelles machines… Les vidéos réalisées abordent les techniques d’ensilage, de moisson et j’intègre le maximum de paysages que parfois mes abonnés n’imaginent pas dans certains pays d’Europe.

Qu’est-ce que votre activité de youtubeur vous apporte dans votre quotidien à l’exploitation ?

Toutes les rencontres et découvertes que j’ai pu faire me permettent de parfaire mes, nos, méthodes de travail au quotidien. Les techniques de travail et d’élevages sont différentes. Que ce soit sur la gestion des effluents, sur la gestion des relations entre agriculteurs et population locale, pour les élevages… Élargir son champ de vision permet d’adapter ses pratiques sur des problématiques du quotidien, mais surtout de se remettre en question et de réfléchir sur le comment faire mieux pour notre entreprise et pour l’environnement.

Quels sont vos projets ?

Au niveau de l’exploitation : dans un premier temps, prendre mes marques au niveau de l’organisation. Et à moyen terme, avancer pour que l’exploitation devienne positive en énergie et garder notre principal leitmotiv qui est le bien-être des animaux. Pour l’influenceur, trouver de nouvelles destinations pour découvrir toujours plus de nouveautés sur le monde agricole. Mais aussi et surtout, continuer à surprendre ma communauté avec des idées de contenus en rupture avec le contenu déjà présenté sur la toile. Je travaille déjà sur de nouveaux projets intéressants. Pour les projets à long terme, la crise sanitaire est difficile à gérer au quotidien pour moi qui voyage beaucoup, mais malgré cela, des portes continuent de s’ouvrir car les constructeurs pensent à moi pour présenter leurs nouveautés aux agriculteurs en substitution des salons. Cela réorganise mon travail. Il est donc difficile de se projeter à long terme avec une ferme et l’activité virtuelle de youtubeur qui reste non palpable.

 

 

Découvrir sa chaîne You Tube